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Perdre du poids sans oublier ses muscles : pourquoi la composition corporelle compte autant que la balance

Lorsque l'on entreprend une perte de poids, un chiffre concentre généralement toute l'attention : celui de la balance.

Pourtant, deux personnes ayant perdu exactement dix kilos peuvent avoir connu des évolutions corporelles très différentes.

La question pertinente n'est donc plus seulement :

« Combien de kilos ai-je perdus ? »

Mais également :

« Qu'est-ce que mon organisme a perdu ? »

Poids, graisse et masse maigre : trois notions différentes

Le poids corporel est constitué de différents compartiments : tissu adipeux, muscles, os, organes et eau notamment.

Lorsqu'un patient maigrit, l'objectif recherché est généralement une diminution importante de la masse grasse tout en préservant autant que possible les tissus fonctionnels, notamment la musculature.

Une certaine diminution de masse maigre accompagne fréquemment une perte de poids significative. Les données récentes concernant les traitements incrétiniques montrent d'ailleurs qu'une partie de la perte totale concerne la masse maigre, même si la masse grasse représente la majorité de la diminution. 

Pourquoi préserver ses muscles ?

Le muscle ne sert pas uniquement à modifier la silhouette.

Il participe à la force, à la mobilité, à l'autonomie et à de nombreux aspects de la santé métabolique.

Cette question devient particulièrement importante avec l'âge, chez les personnes ayant déjà une faible masse musculaire et lors de pertes pondérales rapides ou importantes.

C'est pourquoi les recherches récentes parlent de plus en plus de « qualité de la perte de poids ». 

Les traitements GLP-1 font-ils perdre du muscle ?

La réponse mérite d'être nuancée.

Les traitements GLP-1 et apparentés entraînent principalement une diminution de la masse grasse, mais une diminution de la masse maigre est également observée.

Et surtout, masse maigre et muscle ne sont pas exactement synonymes : les mesures de composition corporelle englobent plusieurs tissus et compartiments. Il serait donc excessif d'affirmer que chaque kilo de « masse maigre » perdu correspond à un kilo de muscle fonctionnel perdu. 

C'est une nuance scientifique importante que je conserverais absolument sur votre site.

Le renforcement musculaire : un véritable partenaire de la perte de poids

Pendant une perte pondérale, l'exercice de résistance envoie au corps un signal important : ce tissu musculaire doit continuer à être utilisé.

Une méta-analyse publiée en 2025 montre que l'ajout d'exercices de résistance à une stratégie de perte de poids alimentaire permet de mieux préserver la masse non grasse, d'améliorer la force et de favoriser davantage la perte de masse grasse, sans nécessairement faire baisser davantage le chiffre de la balance. 

C'est un excellent exemple de la raison pour laquelle la balance seule peut être trompeuse.

L'importance des protéines et de la qualité nutritionnelle

Une diminution importante de l'appétit peut rendre plus difficile la couverture des besoins nutritionnels.

L'apport protéique doit donc faire partie de l'évaluation, en particulier chez les patients à risque de perte musculaire. Les besoins précis doivent être individualisés en fonction de l'âge, de l'état de santé, de l'activité physique et notamment de la fonction rénale. 

Il ne s'agit pas de recommander à tous les patients un régime hyperprotéiné standardisé.

Il s'agit de préserver la qualité nutritionnelle alors même que la quantité d'aliments consommée diminue.

Faut-il mesurer la composition corporelle ?

Elle peut apporter des informations intéressantes lorsqu'elle est interprétée correctement.

Selon le contexte, différentes méthodes permettent d'estimer la composition corporelle. Mais aucune mesure ne doit être interprétée isolément.

Le suivi clinique peut également tenir compte du tour de taille, de la force, de la capacité physique, de l'activité quotidienne et de l'évolution générale du patient. Les publications récentes recommandent justement de ne plus limiter l'évaluation au poids et à l'IMC. 

Changer notre définition d'une perte de poids réussie

Une perte de poids réussie n'est pas nécessairement celle qui fait descendre la balance le plus rapidement possible.

Nous recherchons plutôt une diminution pertinente de la masse grasse, une préservation maximale de la musculature et de la fonction physique, une alimentation suffisamment qualitative et une amélioration de la santé métabolique.

Perdre du poids, oui. Mais préserver ce qui contribue à notre santé et à notre autonomie est tout aussi important.

C'est cette philosophie qui guide le pôle de prise en charge du poids de The Health & Skin Clinic.

Dr Dany Burnon
Consultation médicale du poids

The Health & Skin Clinic — Uccle